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Pourquoi je ne couvre pas (plus) les concours hippiques?


Bonjour!


Mais oui! Pourquoi donc? Pourtant c'est vachement sympa! :-D


... oui, c'est vrai que ce sont des journées sympas, surtout quand il fait beau sans faire trop chaud, avec une bonne ambiance, de belles épreuves, de beaux poneys & chevaux, des cavaliers talentueux, de chouettes obstacles... :-)


J'ai photographié officiellement en milieu de terrain pendant environ 2 ans, aux côtés de Mikaël, un collègue qui pratiquait la photo d'équitation depuis 2011. Il fût également mon maître de stage pendant ma formation photo.


Plusieurs raisons me poussent à refuser les quelques demandes

que je peux recevoir à ce sujet.


Pas de stand

"Oui, mais tu peux mettre sur internet!". Tout à fait, ça peut se faire en théorie. Un simple constat révèle que peu de personnes commandent en ligne, comparativement à une vente sur place. Le jour J, le cavalier est quand même plus disposé qu'en semaine, souvent le dimanche, on est sur place, on peut avoir tout de suite, sans frais de port (en plus!), alors que le lendemain le quotidien reprend, les cours, les enfants, l'entretien de l'écurie, l'entraînement... et plus forcément de temps et de motivation à accorder à une commande de photos sur internet ;-)

Du reste, je ne souhaite pas investir dans une bonne imprimante (exit l'imprimante HP jet d'encre à 50€), à mon niveau d'utilisation ce ne serait pas judicieux en ce qui me concerne, je préfère faire sous traiter par un labo compétent et de qualité.


Pas de personnel

Pour tenir un stand, il faut bien une personne sur le terrain à photographier tous les concurrents, et une derrière l'ordinateur qui s'occupera de transférer les fichiers, organiser, montrer, prendre les commandes, encaisser, répondre aux clients (et pas clients)... cependant, je n'ai pas de salarié, cela entend qu'il faut que j'engage quelqu'un. Qui dit salarié, dit salaire. Sinon demander une prestation à un autre photographe qui me facturerait sa journée. Mais par expérience, je sais que ça fonctionne difficilement pour une histoire de rentabilité.



L'investissement temps et santé

Je vais dire qu'en moyenne, une seule journée concours type d'un photographe représente environ 10h de boulot (sur le terrain), je ne compte pas le temps sur la route.

À chaque épreuve, il faut réaliser une reconnaissance de parcours, au même titre que les cavaliers, TRÈS IMPORTANT pour tout photographe en milieu de piste. Cela permet non seulement de se placer sur le terrain afin d'avoir les meilleurs points de vue, mais aussi de la façon la plus sécurisée possible, pour anticiper: les déplacements, de ne pas gêner les concurrents et par la même occasion de ne pas se faire écraser. Quand on est cavalier sous tension, on peut vite "ne plus voir" autour de soi, on doit en permanence surveiller le couple en piste ET le partant suivant qui arrive souvent en avance pour se familiariser lui et son cheval avec le parcours, se présenter au jury etc.

Tout cela demande énormément de concentration, s'ajoute à cela la fatigue physique (nous piétinons, nous marchons vite, on ne peut pas s'asseoir dans un souci de réactivité et de sécurité, porter l'appareil; le lever, le baisser, lever, baisser ... en permanence).

Par malheur, il peut arriver de louper le premier partant d'une épreuve, car il y a de l'attente aux toilettes, ou pour manger il n'y a parfois que 5 minutes (d'ailleurs c'est souvent lui qui veut le plus voir ses photos et tout vous acheter: la poisse!).


Imaginez tout ça avec un temps affreux, lorsque vent et pluie s'en mêle, il fait froid et le terrain est détrempé (pour un peu que le photographe soit malade...). Lorsque vous revenez avec 80€ en caisse à la fin de votre journée, avec un boîtier HS car il a explosé son compteur de déclenchement depuis au moins 150 000 clics... est-ce possible de continuer ainsi? ;-)


Un souci de qualité

Enchaîner autant de photo sur les même parcours se résume à faire de la photo industrielle. Bien sûr, il n'y a pas 30 000 façon de photographier un parcours d'obstacle quand on assure le rôle de photographe en milieu de terrain. On peut jouer avec la lumière quand c'est possible, se cacher à moitié derrière des fleurs (s'il y en a!), cadrer différemment, mais globalement il faut rester sur certains critères tels que: voir l'obstacle, sa hauteur, phase ascendante/planer, parfois réception si ça présente bien, quelques portraits cheval/cavalier en action, la caresse de fin de parcours... rien n'est obligatoire, mais au final ça s'impose ainsi.

Il faut penser qu'on ne peut pas retoucher les 3000 photos de la journée sur un beau noir & blanc, retirer des clôtures etc, pas question donc de se dire "je verrai ça au post-traitement", si il fallait enlever ce poteau qui s'invite dans le coin inférieur gauche de chaque image sur l'oxer n°4 du parcours, imaginez le nombre d'heures de travail supplémentaire (tellement énorme que je ne saurai l'estimer!)!

De plus, je ne veux pas vendre une qualité moyenne, je veux livrer un travail propre! Alors le 5D avec un 70-200mm - soit 3kg - à bout de bras toute la journée, c'est un peu dur j'avoue!


Il y a des compliments!

Ils me réchauffent le cœur, me mettent parfois la larme à l'œil, c'est motivant, bref une bonne bouffée positive! Mais ils ne remplissent pas le frigo pour me nourrir, ne paient pas mes factures d'entretien de voiture, ni bien d'autres choses indispensables pour vivre... (j'aimerai bien!).


Aussi...

Un photographe est un prestataire, il vend donc des prestations, au même titre qu'un: charpentier, un coiffeur, un fleuriste, un boulanger, un paysagiste... Une prestation se facture, c'est ainsi que l'artisan peut (sur)vivre.

Lorsque l'on fait venir un charpentier, il nous fait un devis (enfin...normalement!), on lui verse un acompte, il fait son boulot, et si tout va bien, il vous facture ses services. Le charpentier est un artisan. Figurez-vous, le photographe aussi! Cependant, cela ne se passe pas du tout comme ça pour le photographe sur un concours, ou du moins assez rarement: le club organisateur contacte le photographe, lui demande une prestation (mais gratuite!). Le photographe vient le jour J, fait sa prestation à 10h la journée cadence usine, parfois plusieurs jours d'affilé, et son seul revenu est la vente de photos. D'ailleurs, un certain nombre de clubs font payer des frais d'emplacements (heu...).

Je vous redonne la situation avec le charpentier: pas de devis, pas d'acompte, il vient faire son boulot, et c'est lui qui vous paie (génial quoi)! Je vous laisse vous faire votre avis sur ce qui est normal et ce qui ne l'est pas. Je connais la peine des centres équestres ou associations de ceux-ci qui peinent à récolter des fonds tant la trésorerie ne le permet pas, ils essaient de rogner partout et on ne peut pas leur en vouloir... ;-) Nous marchons sur la tête (et c'est pas propre à la photographie je crois!).


Je ne dis pas que ça n'arrivera plus jamais ;-)

Je pense qu'il m'arrivera peut-être un jour d'y retourner, mais je préférerai aller sur des tout petits concours qui n'ont jamais de photos, où des challenges inter-club dit "maison" afin de pouvoir photographier des p'tits bouts sur leur poney et qui ne sortent pas en compétition officiellement, où avec des chevaux/cavaliers trop sensibles, peu confiants ou pas assez expérimentés pour aller sur un véritable concours club/amateur/pro. :-)

À ce moment là, je proposerai effectivement le reportage photo en ligne dans une galerie classée, avec possibilité d'achat direct des tirages sur la galerie numérique en question!